Critiques
Longues peines (réactions de spectateurs après le spectacle) :

- Un avocat : « Quelle vérité ! » 
- Une visiteuse de prison : « Les conditions de détention sont remarquablement dépeintes. » 
- Louis Falavigna (ami d’Albert Camus, scénariste, écrivain, comédien) : « C’est du jamais vu au théâtre au niveau de la situation. Cette pièce doit trouver sa place dans une grande salle parisienne. » 
- « Une pièce pleine d’émotion et de tact. Accessible à tous. » 
- « J’ai été scotché pendant une heure, complètement pris par l’intensité du texte, du jeu et de la mise en scène. » 
- « Les thèmes du faits divers et du pardon concernent tout le monde, c’est pour cela que cette pièce est si prenante. » 
- « Les silences sont d’une incroyable intensité et ils mettent le texte en valeur. » 
- « Des comédiens remarquables pour une pièce difficile à jouer. »

 

Longues peines, au-delà du silence, l’impossible rencontre 
 
Le point de départ est une histoire vraie. En prison, la sœur d’une victime rencontre celui qui a tué son jeune frère après l’avoir violé. 
Longtemps chroniqueur judicaire, Gérald Massé a écrit le dialogue impossible de ces deux êtres brisés et prisonniers de leur souffrance. En évitant le piège du réalisme. 
Cela s’est passé hier mais pourrait être d’aujourd’hui ou de demain. 
Il est allé bien au-delà de la réalité- sordide- pour mieux approcher l’insondable mystère de ces deux âmes à jamais marquées par ce qui s’est passé, condamnées à une « longue peine » qui ne finira qu’avec eux et n’a finalement plus rien à voir avec la justice des hommes. 
Dans une mise en scène aussi sobre qu’efficace, Emmanuel Ray a su amener les comédiens à la limite d’eux-mêmes. Réduits parfois, faute de trouver les mots qui les libèreraient à un silence plus lourd que n’importe quelle phrase. 
Fabien Moiny et Mélanie Pichot sont troublants de présence et d’intensité. On les écoute, on les regarde, on a l’impression de les comprendre, on est fasciné par ce qui se passe chez cet homme et cette femme qui n’auraient jamais dû se rencontrer et dont on sait, dès le départ, qu’ils ne pourront jamais se comprendre. 

                                                                                                                Yves Bastide (l’écho républicain)